L'équipe luxembourgeoise partait SANS directeur technique.
LUXEMBOURG 05.05.1939
L’équipe luxembourgeoise du Tour de France aura-t-elle un directeur technique?
Poser la question, ce n’est pas la résoudre, loin de là. Du fait que le Luxembourg alignera cette année-ci une équipe complète dans le Tour de France, il a droit à un directeur technique, puisque M. Henri Desgrange, qui aurait voulu supprimer tous les directeurs techniques, a cédé aux instances des autres pays, en particulier de la Belgique.
Poser la question, ce n’est pas la résoudre, avons-nous dit. Et c’est bien vrai. Il y a d’abord le choix de la personne qualifiée. Un directeur technique a beaucoup de responsabilités … à tel point qu’un Charles Pélissier déclinerait cette charge si elle lui était offerte. Et puis, les personnes qualifiées qui disposent de trois semaines de liberté pendant le mois de juillet et qui peuvent abandonner leur famille et leurs affaires pendant trois semaines, ne courent pas les rues. Un directeur technique, outre ses qualités techniques, doit avoir beaucoup de doigté, de volonté et d’autorité, connaître la mentalité de ses coureurs, leurs caractères et leurs faiblesses, avoir le sens inné de la course etc. Il y a ensuite ─ à vrai dire, c’est même le problème le plus capital ─ la question financière. En effet, tous les frais résultant de l’envoi d’un directeur technique, sont en entier à la charge du pays qui l’envoie, c’est-à-dire ses frais personnels, les frais de sa voiture, les frais de son chauffeur et … les frais du Commissaire de course adjoint que le règlement lui impose. Ça doit faire dans les 500 francs par jour.
Vous voyez que la question est loin d’être résolue. En tout cas, nous la posons dès maintenant, à plus de deux mois du départ de l’épreuve-phare du cyclisme routier mondial.
(Journal consulté aux Archives nationales)