Le Tour du Mont Blanc 2011
Notre champion élite du contre la montre Ralph DISEVISCOURT raconte
Certainement le chrono le plus long de ma carrière!!!
Voici un petit résumé de cette expérience unique: je me suis lancé un peu à l’improviste dans cette aventure sans vraiment savoir ce qui allait m’attendre au bout du tunnel. Après m’avoir inscrit deux semaines avant le départ, je me rendais sur place à j-2 pour prendre mes repères dans les cols tels que le col des Aravis, col de la Colombière, le col de Croix Fry etc. Le menu du jour de ce dimanche 17 juillet 2011: 330km en haute montagne traversant 3 pays avec départ/arrivée à la Station des Saisies au pied du Mont Blanc, une boucle inédite passant par 7 des plus grands cols alpins, à savoir le col des Montets (1419m, FRA), le col de la Forclaz (1526m, CH), le terrible col de Champex (1498m, CH), le col du Grand St Bernard (2469m, CH/ITA) comme point culminant, puis le col du Petit St Bernard (2188m, ITA/FRA) pour finir le périple en France avec le Cormet de Roselend (1967m, FRA) et la montée finale du col des Saisies via Hauteluce (1657m, FRA), soit 8000m de dénivelé positif.
/ En plus de ce tracé unique jugé comme étant le plus dûr en matière de cyclosportives d’un jour (pour mémoire la Marmotte, le Oetztaler, le Marathon des Dolomites, etc tournent autour de 5000m de déniv.+), les 250 coureurs courageux au départ ont dû faire face à des conditions météologigues dantesques tout au long de l’épreuve lancée à 5h du matin: pluie permante et glaciale, brouillard, raffales de vent et des températures juste au-dessus de 0° en haut des cols. Voilà certainement une des raisons pourquoi “seulement” 90 coureurs ont pû finir la boucle dans les délais.
La description du déroulement de la course se fait rapidement: après une 1ière descente neutralisée sur 10km, et peu après le départ réel donné à quelques kms de Megève, je me lance dans une échappée solitaire sans vraiment y croire au début. Pourtant on m’annonce un écart par rapport au groupe des 5 poursuivants qui ne cesse d’augmenter au fil des heures jusqu’à 5min au pied du col de Champex en Suisse. C’est dans cette terrible montée que Eric Leblacher, le tenant du titre, laisse sur place le reste de son groupe pour me rejoindre plus loin en haut du col du Grand St Bernard au km 160 après 6h de course. Etant obligé de m’arrêter à tous les points de ravitaillement pour refaire le plein, j’ai dû laisser Eric attaquer en première position la descente sur plus de 40km vers Aoste, lui-même étant bien encadré par sa voiture suiveuse. Après avoir fait une bonne descente j’arrive tout de même à refaire la jonction en tête de la course peu après Aoste, et ainsi on se retrouvait à 2 en tête pour affronter la suite: la longue ascension du Petit St Bernard. Ne sachant pas vraiment si Eric avait vraiment du mal à suivre le rythme ou bien s’il voulait juste jouer le malin en tant que ancien coureur professionnel (Crédit Agricole, FdJ), j’ai fait pratiquement tout le travail devant en prenant des relais plus longs et plus poussés que mon compagnon d’échappé. C’est ensuite au village de La Thuile à 1500m d’altitude que j’ai vu Eric en difficulté une première fois, puis une deuxième fois. Avec 700m d’ascension restant, je me suis décidé de remettre une couche et j’ai accéléré pour creuser le trou définitivement. En haut du col, j’estime que l’avance était déjà de 10-15min comme je ne le voyais plus dans les serpentines plus bas de la montée. Etant meilleur descendeur que lui dans ces conditions extrêmes, je me disais que sans grande défaillance de ma part, et en gérant intelligemment mon effort sur les 80km restants avec tout de même encore 2 cols avec à chaque fois plus de 1000m d’ascension à effectuer, j’aurais de bonnes chances de remporter cette deuxième édition du TdMB. En veillant à bien m’alimenter sur ces 3 dernières heures de courses, en gérant mes efforts dans les montées avec des pulsations jamais au-dessus de 155p/m et ne prenant pas de risques inutiles dans la dernière descente où j’avais parfois l’impression de descendre une rivière plutôt qu’une route goudronnée, j’ai finalement réussi à m’imposer avec 36min d’avance sur Eric et 2h18min sur le troisième arrivant.
Les émotions étaient extrêment fortes après un tel effort récompensé par une de mes plus belles victoires de ma modeste carrière cycliste. Après mon grave accident d’entraînement en avril dernier, je suis content d’avoir pûr revenir à mon meilleur niveau aux championnats nationaux sur route et ce surtout grâce au soutient de ma famille et de mes amis, c’est eux qui m’ont permis de réaliser ces exploits, un grand merci à eux avant tout!
La suite de ma saison restera fortement orienté vers les cyclosportives, avec La Vélomédiane à La Roche fin août, la reine des cyclos en Belgique, puis La Charly Gaul que j’essaierai de remporter finalement après avoir fini 2 fois 2ième de suite, et puis le nouveau championnat du monde cyclosportif de l’UCI la deuxième semaine de septembre avec un clm en semaine et la course en ligne le samedi à Stavelot dans les Ardennes belges pour terminer la saison, pourquoi pas, avec un maillot arc-en-ciel. Chacun a le droit de rêver, non?!
Ralph